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vendredi 20 mai 2016

Les cycles économiques

En économie, on entend souvent parler de cycles, mais de quoi s'agit-il exactement? C'est ce que je vous propose de découvrir aujourd'hui.


Quatre grandes périodes

L'économie connaît parfois de grandes fluctuations. Afin de mieux comprendre les raisons et solutions aux problèmes résultants de celles-ci, on a distingué quatre grandes périodes économiques :
  • L'expansion : on a là un phénomène marqué par une forte demande de matières premières, un quasi plein-emploi et de très nombreux investissement. Il est également caractérisé par un niveau élevé d'inflation. L'expansion finit toutefois par connaître une fin, puis un déclin, ce que nous allons voir maintenant.
  • La récession : faisant suite à l'expansion, la récession correspond à une stagnation des activités économiques. On l'appelle d'ailleurs également crise économique. La récession effraie, et les investisseurs sont donc beaucoup moins enclins à injecter du capital ce qui mène à une diminution du nombre d'emplois et de la demande en général (biens ou services)
  • La dépression : Il s'agit du niveau le plus bas dans l'économie (ex : années 1930). Quelques indicateurs sont une diminution du PIB soit de plus de 10% soit qui dure plus de trois ans.
  • Le journal L'Expansion propose d'ailleurs un article intéressant pour mieux comprendre la différence entre récession et dépression économique : récession ou dépression ?
  • La récupération : Suite de la période de dépression, la récupération va comme son nom l'indique une amélioration de la situation économique. Cette amélioration se retrouvera notamment dans le taux d'emploi, les salaires et la tendance à investir.

Analyses des économistes et durées des cycles

C'est d'abord C.Juglar qui a, en 1862, mis en lumière la présence de différents cycles économiques de moyenne période (9-10 ans). Il faudra toutefois attendre 1923 avec J.Kitchin pour l'identification de cycles mineurs (40 mois environ).
Les cycles longs (50-60 ans) seront quant à eux abordés par N.Kondratieff. Enfin, J.Schumpeter a complété la théorie de Kondratieff en y incorporant les éléments démontrés par les économistes précédement cités.

La période post-seconde guerre mondiale minore l'importance de l'analyse des cycles au profit des thèses de Keynes.
Cependant, l'étude de ces cycles reprend de son importance à partir des années 70 avec la théorie des cycles réels proposée par les nouveaux économistes classiques comme Robert Lucas Jr, Edward C.Prescott, , Finn E. Kydland, Thomas Sargent, Robert Barro ou encore Neil Wallance.
 Notons d'ailleurs que les 4 premiers économistes cités ont chacun remporté un prix Nobel d'économie (cf article connexe)

D'après les nombreuses théories économiques, on aurait ainsi des cycles à durées très variables pouvant aller d'une dizaine à une soixantaine d'années !



Comment expliquer tant de variations ?

Une saga de facteurs interviennent au sein de l'économie et donc de ses fluctuations. Citons par exemple les aléas météorologiques ou géographiques (catastrophes naturelles, extrême sécheresse) ayant un impact direct notamment sur l'agriculture ou le tourisme. Les évènements géo-politiques (guerres, armistices, accords commerciaux internationaux) et les décisions gouvernementales (législation sur les banques ou la finance par ex) sont bien évidemment une autre source majeure de bouleversements économiques. Enfin, la Bourse joue aussi un rôle crucial comme cela s'est constaté lors de la crise de 1929.


Une petite vidéo pour ponctuer cet article  :


Philippe Peret

mercredi 17 février 2016

Economie du bien-être et optimum de Pareto


Pour reprendre un concept de microéconomie (cf article précédent), Philippe Peret aborde aujourd’hui l’économie du bien-être. Après une brève introduction, nous verrons comment s’évalue cette économie.

En quoi consiste l’économie du bien-être ? Pourquoi une telle appellation ?

Qualifiée aussi d’économie du droit social, ou, en anglais « Welfare Economics », il s’agit d’une branche de l’économie qui s’intéressent aux situations de bien-être social et comment atteindre l’optimum de Pareto. Si cette dernière notion ne vous dit rien, pas d’inquiétude, nous allons l’aborder un peu plus tard. Cette branche analyse la manière dont le bien-être collectif pourrait atteindre son maximum grâce à une allocation optimale des ressources ; une problématique redoublant d’importance dans une situation de dysfonctionnement du système économique.

economie-bienetre-philippe-peret
La question est de savoir comment allouer correctement les ressources pour atteindre le bien-être social optimum
 

Hypothèses, théories et analystes

De nombreux spécialistes se sont penchés sur la question du bien-être social en économie ce qui a donné naissance à plusieurs hypothèses. Les travaux de Jeremy Bentham, John Stuart Mill ou William Stanley Jevons sont ainsi parvenus aux conclusions suivantes :
  • La façon dont se répartissent revenus et ressources permettent de caractériser une situation économique
  • Le bien-être social se calcule en additionnant le total des bien-être particuliers
  • Principe de rationalité : ce sont les individus qui sont les plus à même de juger de leur propre bien-être
  • Principe de l’utilité cardinale : on peut directement mesurer l’utilisé grâce à des termes monétaires
  • C’est selon ces critères d’utilité que les individus vont tout mettre en œuvre pour améliorer leur bien-être.

Optimum de Pareto et critères de réalisation

Dans la théorie de l’économie du bien-être, l’optimum de Pareto représente une situation économique dans laquelle il n’est pas possible d’améliorer la situation d’un individu sans dégrader au moins celle d’un autre. Cette représentation trouve son intérêt pour décrire un idéal en termes économique et social qui recommande l’intervention de politiques publiques pour redistribuer les richesses. Elle sous-entend ainsi l’acceptation d’une concurrence pure et parfaite (équilibre de marchés) en tant que situation statique.


Philippe Peret

jeudi 11 février 2016

Microéconomie et macroéconomie, quelle différence ?



Micro et macro économiePhilippe Peret



Macro et micro économie sont deux termes que l'on emploie parfois, mais il faut savoir qu'ils ne désignent pas la même chose. Si ces deux termes sont, comme leur nom l'indique, relatifs aux problématiques économiques, l'approche qui en est faite et le domaine d'étude ne sont quant à eux pas les mêmes. Pour faire simple, la microéconomie s'intéresse aux individus et aux décisions des entreprises tandis que la macroéconomie se penche sur les décisions à l'échelle nationale et les actions du Gouvernement.

La microéconomie

C'est l'étude des décisions prises par les entreprises et les ménages en termes d'allocation des ressources et des prix des biens et services. Il faut donc prendre en compte les taxes et les lois imposées par le Gouvernement car ils exercent une influence non négligeable dans la prise de décision. La microéconomie se concentre donc entre autres sur l'offre et la demande, sur les prix et la capacité de production d'un pays et comment la maximiser.

La macroéconomie

La macroéconomie traite quant à elle du comportement de l'économie et des industries dans leur ensemble et non pas seulement sur des entreprises spécifiques. Les grands phénomènes de l'économie sont donc analysés comme la variation du PIB, le chômage ou le niveau des prix. Ce mode d'analyse se pencherait par exemple sur la façon dont une augmentation/diminution des exportations nettes affecterait le compte de capital d'une nation ou comment le taux de chômage impacterait le PIB. On attribue souvent à John Maynard Keynes les fondements de la théorie macroéconomiste.

Interdépendance et complémentarité

Si ces deux modes d'études n'abordent pas les problématiques de la même manière, ils sont en revanche interdépendants et complémentaires car de nombreuses questions se chevauchent entre les deux domaines.

Une augmentation de l'inflation entrainerait par exemple l'augmentation des prix des matières premières. Par conséquent, le coût de production serait lui aussi revu à la hausse, et pour dégager les mêmes bénéfices, les entreprises utilisatrices des matières premières seraient amenées à augmenter leurs prix auprès des consommateurs.

La différence majeure entre micro et macroéconomie réside dans le fait que la microéconomie cherche à comprendre les choix humains et l'allocation des ressources tandis que la macroéconomie tente de connaître par exemple quel devrait être le taux d'inflation ou de savoir ce qui stimule la croissance économique.

Quoiqu'il en soit, la micro comme la macroéconomie constituent tous deux des outils fondamentaux pour tout professionnel des finances et devraient êtreé étudiées ensemble afin de bien comprendre comment les entreprises fonctionnent et génèrent des revenus et donc, par extension, comment une économie entière est gérée de façon durable.

A bientôt pour de nouveaux articles!

Philippe Peret

Source de l'article (en anglais) 

lundi 1 février 2016

Le prix nobel d’économie


Lors de précédents articles sur ce présent blog Philippe Peret, j’évoquais le Prix Nobel d’économie en citant notamment Robert J Shiller ou lors de la présentation de la théorie des jeux.
Ce qui m’a donné l’idée de consacrer un bref article à cette thématique. Peut-être avez-vous déjà entendu parler de cette distinction ? Voyons ensemble ce qu’elle représente ainsi que quelques exemples de récompenses.

Qu’est ce que le prix Nobel d’économie

Cette récompense désigne plus exactement un prix décerné par la Banque de Suède en sciences économiques. Depuis 1969, et en hommage à Alfred Nobel, chaque année est ou sont récompensé(s) un ou plusieurs économiste(s) pour leurs travaux et contribution dans leur domaine de compétence. Le Prix Nobel d’Economie a été mis en place à l’initiative de Per Asbrink, le gouverneur de la Banque Centrale de Suède.

Déroulement de l’attribution du prix

L’attribution du Prix Nobel se tient chaque 10 Décembre dans la Salle du Palais des concerts à Stockholm. Chacun des lauréat voit ses travaux (ainsi que les avancées qu’ils ont permis) présentés avant de se voir remettre une médaille ainsi qu’un chèque de plus d’un million d’euros.

Quelques exemples de distinctions

Le dernier Prix Nobel d’Economie en date (Décembre 2015) a été attribué au spécialiste en microéconomie Angus Deaton pour ses travaux d’analyse dans le domaine de la consommation et la pauvreté par rapport au bien-être. Il y explique entre autres que la croissance du revenu n’impacte pas significativement sur l’amélioration de santé, à l’exception des individus se trouvant en situation d’extrême pauvreté. L’un des ouvrages de références de Deaton est « The Great Escape : Health, wealth and the origin of inequality » paru en 2013. Pour résumer, les trois principaux axes de son analyse sont :
  • La mesure du bien-être individuel
  • Combien est consommé et combien est épargné
  • La répartition par les consommateurs de leurs dépenses



L’année précédente, c’est Jean Tirole qui avait reçu le Prix (travaux sur la régulation des marchés et les pouvoirs de marché détenus par les entreprise) tandis que 2013 avait vu la victoire de 3 économistes. Pour retrouver la liste des lauréats depuis 1969, vous pourrez consulter la page suivante : site melchior, site des sciences économiques et sociales.

Récompenses similaires

Le Prix Nobel d’économie est à ne pas confondre avec le Prix Nobel qui récompense les individus « ayant apporté le plus grand bénéfice à l’humanité » et s’étend à beaucoup plus de domaines tels que la science, la littérature etc.
Outre l’économie, d’autre prix propres à certains domaines existent comme le Prix Nobel de physique, celui de chimie, de littérature, de médecine etc.


Philippe Peret