mardi 5 avril 2016

Qu'est ce que le mercantilisme ?

Dans cet article, je vous invite à comprendre ce que désigne le mercantilisme, comment il s'est développé et manifesté dans les économies.

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Contexte et montée du mercantilisme


Le mercantilisme est apparu vers le XVIe siècle, principalement dans un contexte où les États étaient trop faibles pour guider leurs économies et quand chaque ville percevait ses propres droits de douane sur les marchandises transitant par ses frontières. Il s'agissait alors d'une théorie du commerce en réaction à ces faiblesses et qui fut adoptée par les grandes puissances européennes.
Ce mode de pensée économique préconisait qu'une nation devrait exporter plus que ses importations et accumuler des lingots (en particulier l'or) pour compenser la différence. L'exportation de produits finis était ainsi favorisée par rapport aux industries d'extraction telles que l'agriculture.


L'époque moderne a rimé avec la montée de puissants États-nations (Hollande, France, Espagne et Angleterre) et a été marquée par une succession de guerres. L'argent (lingots) était nécessaire pour soutenir les armées en constante expansion et de la marine.  Ces besoins financiers issus de besoins militaires ont eux aussi favorisé le développement du mercantilisme.
Ce dernier supposait également que la richesse était finie et que tout accroissement d'une nation devait obligatoirement provoquer le détriment d'une autre ; une croyance favorisant aussi le développement de colonies.
Pour en savoir plus sur le contexte de l'époque, Philippe Peret vous propose de visiter la page suivante : http://materiel-pedagogique.com/_conomie/211574-Contexte_de_l_essence_et_le_mercantilisme.html

Applications, influences et conséquences sur l'économie

En Angleterre, l'application de la théorie mercantiliste a conduit au développement d'une main-d'œuvre locale qualifiée et à la création d'une importante marine marchande. Cependant, le mercantilisme a également entraîné inflation et de aliénation dans les colonies.
On a assisté en Espagne à un phénomène dit bullioniste (bullion signifiant lingot en anglais) consistant à accumuler les métaux précieux provenant des colonies et en empêcher l'exportation. 

En France aussi on tend à cette accumulation mais via cette fois-ci par un colbertisme marqué par une forte intervention de l’État et un protectionnisme sélectif.

Dernier exemple avec la Hollande, grande puissance économique en Europe où le pouvoir est détenu par les marchands. Ce pays illustre alors parfaitement comment commerce international rime avec richesse de la nation.

De façon globale, l'application du mercantilisme se traduit par plusieurs grands phénomènes et tendances économiques : 
-L’État représente l'intérêt général, par opposition au marché qui représente lui l'intérêt individuel. Le monopole de l’État pour lutter contre les archaïsmes ou les privilèges est donc largement favorisé. Pour ce faire, on vise à lui fournir les moyens financiers nécessaire pour mener à bien sa politique de façon parfaitement autonome, comme le ferait une entreprise dans la même situation.

-La circulation, à l'intérieur du pays, de l'or et de l'argent tous deux synonymes de puissance de l’État.

- Le développement d'une puissance politique et militaire à l'échelle internationale via, comme abordé plus haut, l'accumulation des métaux précieux pour pouvoir acheter armes et armées.

-Les prémices de la comptabilité nationale : les mercantilistes sont en effet grands amateurs de chiffres et de calculs, ce qui leur permet d'évaluer et apprécier les conséquences de telle ou telle politique économique sous forme de résultats concrets.

Grands théoriciens et ouvrages de référence 

Les théoriciens les plus connus du mouvement mercantiliste sont Jean-Baptiste Colbert et Jean Bodin pour la France, et William Petty ainsi que John Law pour l'Angleterre.

Jean-Baptiste Colbert


Par ailleurs, l'importance et les nombreuses influences du mercantilisme ne laisse pas les théoriciens économiques indifférents : les libéraux comme Hume, Quesnay ou Smith ( dans la richesse des nations) critiquent ainsi ce système (à cause notamment de la prédominance de l'État-nation). D'autres comme Keynes y reconnaissent certains avantages : favoriser le développement économique et la formation d'un capital national.


Philippe Peret

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